La madeleine est une gourmandise intemporelle. Dans la biscuiterie Jeannette, on révèle son goût raffiné depuis 1850. Dans la banlieue de Caen, elle est produite avec des ingrédients nobles : de beaux produits de la région, le savoir-faire d’un meilleur ouvrier de France, et surtout la détermination et la patience de son repreneur, Georges Viana et de ses équipes.  

L’excellence au service d’un beau produit. 

Une madeleine d’exception se confectionne tout d’abord avec de beaux produits : des oeufs de poule élevées en plein air, des farines normandes et du beurre AOP d’Isigny, l’un des deux seuls beurres AOP de France. Mais il faut aussi les idées et la maîtrise des gestes d’un meilleur ouvrier de France et champion du monde des desserts : Philippe Parc. 

Ce chef reconnu a également développé pour Jeannette la gamme J aux saveurs d’ailleurs. Des madeleines à la rose de Damas au parfum subtil et délicat. Les madeleines « soleil levant » un plaisir équilibré d’agrumes asiatiques et d’autres créations toute en finesse comme les madeleines à la vanille, au chocolat, ou à la noisette. 

Privilégier la qualité à la quantité : un véritable engagement

Quelle que soit la recette, la biscuiterie Jeannette recherche avant tout la qualité. C’est aussi une démarche socio-économique. Pour Georges Viana, le repreneur, c’est un état d’esprit. Produire de beaux produits, est certes un peu plus cher, mais cela permet de créer des emplois en France, et de se faire réellement plaisir quand on les consomme. Et le pari est gagnant : la biscuiterie emploie aujourd’hui 30 salariés dans son usine. Et 40 salariés en situations de handicap en ESAT (établissement et service d’aide par le travail) qui mettent les madeleines dans les packagings.

Une biscuiterie artisanale qui a su renaître de ses cendres. 

Il aura fallu beaucoup de ténacité et d’engagement pour faire revivre la marque Jeannette, la plus vieille biscuiterie de Normandie. Depuis 1850, elles confectionnait des biscuits secs, mais surtout des madeleines qu’elle vendait partout en France. Ses madeleines avaient même remporté la médaille d’argent au concours de Paris en 1900. A la belle époque, des années 70 à 80, la biscuiterie représentait 80% du marché français et avait jusqu’à 400 employés.  

Mais Jeannette n’a pas vu arriver les grandes surfaces et tous les changements qu’elles apportaient avec elle. La biscuiterie est donc vendue à une entreprise qui reprend la majorité de ses recettes et ne laisse à Caen que la fabrication des madeleines. Mais d’années en années, l’activité décline. Après plusieurs redressements judiciaires successifs, l’entreprise est finalement liquidée définitivement en décembre 2013.

En 2014, le matériel est donc mis aux enchères. Mais de nombreux employés vont se battre pour essayer de le récupérer. Ils occupent l’usine et réussissent à empêcher la vente. La bataille aura aussi le mérite d’alerter les médias. C’est de cette façon que Georges Viana entendra parler de la biscuiterie Jeannette et surtout de ses salariés prêts à se battre pour elle.

La situation était complexe, puisque juridiquement, l’entreprise n’existait plus. Georges Viana devait donc trouver, dans un premier temps, un moyen de récupérer la marque. Après avoir mis au point un plan d’action, il était temps de le faire financer. Mais les banques de la région ne voulaient plus avoir à faire avec la biscuiterie. Chacune avait eu à faire avec l’un des redressements judiciaires successifs. Le repreneur décide donc de se tourner vers le financement participatif. 

Aller là où on ne l’attend pas.

Quand il contacte la plateforme de financement participatif pour fixer son objectif à 50 000€, ses interlocuteurs sont plutôt sceptiques. A l’époque, personne n’a jamais dépassé une levée de fond de plus de 20 000 euros sur leur site. Mais Georges Viana s’obstine. A raison. Puisqu’il obtiendra finalement plus de 100 000€ grâce à la mobilisation des internautes normands. Le tribunal de commerce lui attribut alors la marque « Biscuiterie Jeannette », les recettes, mais pas la reprise de la société. Une nouvelle entité légale est créée. Jeannette vient de renaître de ses cendres. Elle doit maintenant se remettre debout.

L’entité juridique et la marque sont acquis, mais l’usine et le matériel sont quasiment or d’usage. Il faut recommencer à zéro. Encore une fois, Georges Viana retourne voir les banquiers, mais cette fois, avec le soutien des chiffres de sa campagne de crowdfunding. Mais encore une fois, les banques refusent de le suivre. Il lance alors une deuxième campagne de financement participatif. Cette fois, il propose aux participants d’investir directement dans l’entreprise. Et il lève plus de 550 000 €. Pour la deuxième fois, les internautes ont décidé de le suivre et d’aider à relancer cette biscuiterie emblématique de la région Normande. 

Placer l’humain au coeur de la démarche. 

Depuis, Georges Viana et la biscuiterie Jeannette ont fait de la dimension sociale le coeur de leur stratégie d’entreprise. Leur but est de commercialiser des madeleines gourmandes, faites avec des produits locaux, et qui emploient des salariés de la région. Le but de la démarche est simple : il est évidemment de redynamiser la région en employant, et en faisant travailler des producteurs locaux. Parce que travailler avec produits de qualité, est aussi une valeur importante pour les salariés. Ils se sentent mieux valorisés. Ils prennent soins des madeleines qu’ils produisent, et c’est aussi un moyen de donner du sens à leur travail. 

D’ailleurs, les banques ont fini par changer d’avis. Elles ont récemment prêter à l’entreprise six millions d’euros pour la construction d’une toute nouvelle usine innovante. Elle a ouvert ses portes le premier novembre. Les nouvelles machines rendent les tâches sont moins pénibles pour les employés. Maintenant, ils doivent avant tout contrôler la qualité et surveiller que tout se passe bien.

Aujourd’hui, les madeleines Jeannettes sont commercialisées partout en France via leur site internet, mais sont aussi disponibles dans le magasin d’usine. Récemment, une gamme bio a été développée, et des madeleines sans gluten et pour les diabétiques sont en développement. Avec toujours cette exigence de qualité et de goût, même pour des madeleines sans gluten ou allégées en sucre. 

La renaissance de la biscuiterie Jeannette présage de belles histoires à venir. Le phénix espère s’envoler pour briller à l’international, en Corée et en Chine. Mais son coeur de cible reste celui qui lui est le plus proche, la France métropolitaine et en particulier les régions Normande et Bretonne. Les deux régions qui ont su soutenir au moment où elle en avait le plus besoin. 

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