Quand le cinéma d’aventure se retrouve au restaurant...

Entre deux aventures extraordinaires, nos héros trouvent toujours le temps pour se remplir le ventre.

Le Grand Bleu : « Mange, mange vite ! »

On ne présente plus le chef-d’œuvre de Luc Besson qui explore la rivalité entre deux amis de toujours pour savoir qui plongera en apnée le plus loin dans le grand bleu des côtes siciliennes. Un prix à la cérémonie des Césars, en 1989, pour sa bande originale, signée de la main d’Éric Serra dans sa version française, quatre nominations la même année ; dès sa sortie en salles, le film est un succès auprès du public et enregistrera plus de 9 millions d’entrées.

Dans cette scène mythique qui fait honneur à la cuisine italienne, simple et succulente, Enzo Molinari (incarné par Jean Reno) et Jacques Mayol (l’acteur Jean-Marc Barr) sont attablés à la terrasse d’un petit restaurant sicilien à flanc de montagne. La vue sur la côte accidentée de l’île est à couper le souffle. Quand Johanna Baker (l’actrice Rosanna Arquette) débarque dans le restaurant, Enzo lui commande directement un plat de « spaghetti Del Mare ». C’est là que la « mamma » du champion du monde de plongée fait son apparition. La réplique de Jean Reno est devenue culte : « Elle va me tuer si elle me voit manger la pasta au restaurant ! Mange, mange b***** ! » dit-il en passant son plat à Johanna. La scène prend un tour comique quand le serveur apporte son plat à la jeune femme qui a déjà la bouche pleine. Elle joue le jeu et replonge sa fourchette dans le plat fraîchement servi, laissant sur le visage de la « mamma » un regard perplexe.

Business : quand le monde des affaires se retrouve au restaurant   

On déjeune aux meilleures tables avant d’aller gagner son premier million à la Bourse.

Le Loup de Wall Street : onanisme et drogues dures au menu

L’excès est partout dans ce film de Martin Scorsese qui s’inspire du roman autobiographique de Jordan Belfort. On y suit l’ascension financière et la chute morale d’un jeune courtier de la place boursière de New York, magistralement incarné par Leonardo DiCaprio.

Pour son premier jour à Wall Street, Jordan Belfort, encore un simple agent de liaison, reçoit ces deux premières leçons de finance par le courtier Mark Hanna (Matthew McConaughey). Elles ont lieu dans le cadre de l’un de ces restaurants aux baies vitrées offrant une vue plongeante sur la jungle urbaine du centre-ville de New York. À l’heure du déjeuner, entre une dose de cocaïne et un chant tribal, Mark Hanna donne son « game plan » pour la suite de repas : deux Absolut Martini, sans glaçons, puis deux autres exactement sept minutes et demie plus tard. Puis, deux autres toutes les cinq minutes jusqu’à ce que l’un des deux protagonistes s’écroule. Jordan refuse l’offre sobrement, se contentant d’une olive et d’un verre d’eau. Mais le combo onanisme/stupéfiants et la démesure même personnage de Mark Hanna serviront de boussole au futur millionnaire tout au long des deux heures trente du film.

Le Sucre : « Le dernier p’tit sou »

Dans ce film haut en couleur sorti en salle en 1978, on découvre l’envers du décor de la crise du sucre qui a agité l’économie française au milieu des années 70. Dans cette scène mythique du cinéma français, Michel Piccoli (qui incarne l’homme d’affaires Grezillo) s’attaque aux banquiers qui ont voulu « le dernier p’tit sou ». La scène prend place dans l’une des salles du restaurant gastronomique parisien le « Laurent ». Dans une longue tirade, où il parle de lui à la troisième personne, il les accuse d’avoir dans un excès de libéralisme voulu augmenter leurs marges provoquant l’emballement, puis la crise, du marché du sucre. À la fin de la scène, on voit un jeune Gérard Depardieu (alias Renaud Vicomte d’Homecourt de la Vibraye) venir demander à Grezillo d’acheter quelques lots de sucre à son ami Adrien Courtois (le grand Jean Carmet), ce qui offre au financier l’occasion d’une dernière réplique devenue culte : « Quand il pleut sur Paris, comme dit la chanson, il fait toujours beau quelque part », lance-t-il avant d’aller s’exiler financièrement en Suisse.

Quand la Mafia règle ses comptes et passe à table... L’addition est lourde !

Les grands gangsters ont un coup de fourchette à la hauteur de leurs ambitions criminelles.

Le Parrain : la vengeance est un plat qui se mange froid

Le Parrain de Francis Ford Coppola est l’un des films les plus marquants du siècle. Adaptation du roman éponyme de Mario Puzo, on y voit l’ascension de Michael Corleone à la tête de l’une des familles mafieuses les plus puissantes de New York, les Corleone.

Attention scène culte. Michael (Al Pacino) Corleone se porte volontaire pour venger la tentative d’assassinat dont son père le Don Corleone (le grand Marlon Brando) a été la cible. La scène a pour toile de fond le restaurant américano-italien « Chez Louis », dans le quartier du Bronx de New York. Lumière tamisée, nappes blanches, vaisselle impeccable. Le serveur apporte une petite salade et une bouteille de vin rouge. À table, le capitaine de police corrompu McCluskey et Sollozzo, un trafiquant de drogues. Face à eux, celui qui deviendra le Parrain, Michael Corleone. Sollozzo conseille au policier de choisir sur la carte une pièce de viande rouge. « Du veau, le meilleur de New York », explique-t-il.

Après une explication en sicilien, Michael s’excuse pour aller aux toilettes et y trouve une arme à feu déposée plus tôt par l’un de ses complices. À son retour, il abat froidement les deux hommes devant les quelques clients présents. Ce moment marquera le début de l’ascension de Michael dans le monde du grand banditisme jusqu’à en faire l’ennemi public numéro un aux États-Unis.

Scarface : scène (culte) de ménage au restaurant

Le chef-d’œuvre cinématographique de Brian de Palma, sorti en salle en 1983, raconte l’histoire d’un réfugié cubain, Tony Montana (Al Pacino, toujours parfait dans les rôles de gangsters) arrivé avec rien en poche dans le Miami des années 80. Il y fera son ascension dans le monde de la drogue jusqu’à devenir l’un des plus redoutés trafiquants du pays.

Dans cette scène magistralement interprétée qui a pour cadre un restaurant chic, on voit Tony, son ami d’enfance Manny (Steven Bauer) et sa seconde femme, Elvira (l’excellente Michelle Pfeiffer), à la fin d’un repas. Tony Montana, ivre, commence à raconter à son ami que sa femme est infertile, sûrement à cause de sa trop forte consommation de drogues. Cette dernière s’emporte et lance ses quatre vérités à son mari avant de lui assener un dernier « Je te quitte ». S’ensuit l’un des monologues les plus inspirés du cinéma américain où Tony Montana explique à la petite bourgeoisie attablée que cette société a besoin de gens comme lui, pour pouvoir les pointer du doigt comme étant les « bad guys ». Une autre punch line de la séquence se situe au moment où Tony explique qu’il dit toujours la vérité, même quand il ment.

Restaurant, histoires de chefs : la guerre des étoiles est ouverte

Quand la caméra se braque sur les artistes derrière leurs fourneaux, on découvre des hommes, des femmes d’exception, des passions et parfois des rivalités...

L’aile ou la Cuisse : « Au fond du couloir à gauche. Suivez les mouches. »

Dans ce grand film comique français de la seconde moitié des années 70, on suit les aventures du critique gastronomique Charles Duchemin, directeur du guide du même nom, en croisade contre la malbouffe. Dernier défenseur des valeurs de la grande gastronomie française, il se rend déguisé dans plusieurs restaurants afin de juger directement de la qualité des plats ainsi que du service afin de distribuer ses étoiles. On le retrouve dans cette scène d’anthologie en train de commander une « salade of tomatos » ainsi qu’une « entrecôte bouderlaise », tout ça arrosé d’un beaujolais nouveau. Il profite de l’excuse d’un passage aux toilettes pour se rendre dans les cuisines de l’établissement. Assiettes sales partout, cendre de cigarettes dans les pâtes à tarte, le tableau n’est pas réjouissant. La scène se termine quand le patron revient en cuisine, expulsant manu militari le discret critique.

Le Grand Restaurant : une recette de soufflé à la pomme de terre

Dans ce film comique réalisé par Jacques Besnard, une scène a particulièrement fait parler d’elle. C’est celle où l’on voit Louis de Funès donner sa fameuse recette du soufflé à la pomme de terre.

Louis de Funès, alias M. Septime, dirige le restaurant de luxe du même nom. Un soir, à l’une de ses tables, toujours impeccablement dressées, sont réunis le commissaire divisionnaire (Bernard Blier) et ses homologues allemand et italien. Le Dr Muller demande à M. Septime de lui donner sa recette. Alors qu’il s’exécute, un jeu d’ombre chinoise vient découper une moustache d’Adolf Hitler alors que sa voix prend un ton plus dur devant le regard médusé des convives. Le film fera plus de 3 800 000 entrées lors de sa sortie en salle, en 1966, et se classera dans le trio de tête des films ayant fait le plus d’entrées de cette même année. C’est aussi le premier film de Louis de Funès où le comique a participé directement à l’écriture du scénario.

Comme un chef : le Mozart du piano… de cuisine

Dans ce film comique, réalisé par Daniel Cohen et sorti en 2012, on suit les péripéties culinaires de Jacky Bonnot (Michael Youn), amateur éclairé de grande cuisine. Le film explore en particulier la relation maître-élève entre Jacky et Alexandre Lagarde (Jean Reno), un grand chef étoilé en panne d’inspiration culinaire. Avant leur rencontre, Jacky se retrouve à travailler dans le restaurant pour routiers « La Mandoline ». 

La scène est hilarante. Lors de son premier jour, les clients lui lancent leurs commandes. « Je veux une entrecôte-frites », dit l’un, « Et moi, je veux un bœuf-carottes avec des frites », enchaîne un autre. Jacky, lui, avait d’autres plans pour le menu du jour. « Messieurs, soyons sérieux, s’il vous plaît », lance-t-il avant de proposer : « Une mousse de courge butternut aux dominos en gelée de châtaigne avec des petites ravioles de tomates posées sur une feuille de chêne ». Hilarité générale dans la salle tellement le menu tranche avec ceux habituellement proposés ici. Dans la scène suivante, on voit notre génie de la cuisine quitter ce énième lieu de travail dont il vient de se faire licencier.

Les copains d’abord, les amours aussi... mais au restaurant

Rien de mieux que de se retrouver entre amis pour partager un bon repas, et plus si affinités...

Un éléphant ça trompe énormément : « Un pastis, s’il vous plaît »

Ce film comique des années 70, réalisé par Yves Robert, raconte les déboires d’une bande de copains ou, selon les mots de son scénariste, Jean-Loup Dabadie, « une chronique très agitée des démêlés de certains hommes avec certaines femmes qui ne sont pas nécessairement les leurs ». Le film, important succès populaire lors de sa sortie en salle, est pionnier dans plusieurs domaines. Il a introduit, par exemple, l’un des premiers personnages homosexuels « positifs » de l’histoire du cinéma français, Daniel, sortant ainsi cette communauté des rôles caricaturaux auxquels elle était jusque-là cantonnée.

Dans une scène du film, vite devenue culte, Claude Brasseur (alias Daniel) incarne un aveugle qui se rend avec son ami Simon (incarné par Guy Bedos) dans une brasserie typiquement parisienne pour faire rire leur ami Boulifet (Victor Lanoux). S’ensuit un moment de pur comique de situation. Canne levée devant lui, Daniel cherche son ami « René », en prenant bien soin de détruire toute la vaisselle de table disposée là. Verres de Ricard, plat sur les tables, tout y passe. L’acmé de la scène survient quelques minutes après, quand notre faux aveugle s’installe au volant de sa voiture jaune avant de démarrer en trombe, laissant les clients de la brasserie bouche bée.

Hommes, femmes, mode d’emploi : « Vous êtes mon type, mais pas vraiment mon genre »

Cette scène de la comédie romantique de Claude Lelouch marque l’une des premières apparitions d’Ophélie Winter comme actrice du 7e art. Elle y donne la réplique à Bernard Tapie (alias Benoît Blanc), qui incarne un businessman peu scrupuleux. On les voit dans un restaurant, discrètement privatisé par l’homme d’affaires, en train de gentiment se faire la cour. Un peu avant le dîner, Ophélie Winter se retrouve à expliquer à Bernard Tapie qu’il « est mon type, mais pas vraiment mon genre », à quoi l’homme d’affaires se presse de répondre que « si je ne suis jamais votre genre mais que je deviens votre type, ça me va quand même ».

Quand Harry rencontre Sally : « Donnez-moi la même chose, s’il vous plaît »

Dans cette comédie romantique de la fin des années 80, écrite par Nora Ephron et réalisée par Rob Reiner, on suit la rencontre sur plus de dix ans entre Harry (Billy Crystal) et Sally (premier grand rôle de Meg Ryan à l’écran). On voit deux amis célibataires qui finiront par se marier. Le film est une vraie réussite en salle et rapportera presque 100 millions de dollars au box-office américain. Une scène de ce film est vite devenue culte. Les deux amis sont attablés au Kat’z Delicatessen, un restaurant de l’East Village de New York, à discuter d’orgasme féminin. Sally soutient que les hommes ne peuvent pas faire la différence entre une simulation et une vraie jouissance. Joignant l’acte à la parole, elle se lance dans une longue imitation, attirant l’attention du reste des clients du restaurant et provoquant la gêne de son ami. La scène se termine quand Sally reprend sa fourchette et continue, comme si de rien n’était, son plat. C’est là qu’une cliente, incarnée par la mère du réalisateur, demande si elle peut avoir le même plat que notre héroïne. La réplique, aussi culte que la scène elle-même, a été classée par l’American Film Institut en bonne place dans le top 100 des répliques de film.

Archimède le clochard : La réserve du Père Grégoire

Dans ce film comique français, réalisé par Gilles Grangier et sorti en salle en avril 1959, on suit les aventures d’Archimède, clochard céleste qui veut par tous les moyens passer l’hiver au chaud, en prison. Pour cela, il se décide après de nombreux échecs à piller son bistrot préféré. Mais il se voit contraint de revoir ses plans quand il découvre que son lieu favori a changé de propriétaire. Dans cette scène hilarante, Jean Gabin (Archimède) se voit offrir un verre par le nouveau propriétaire du café, M. Pichon (alias Bernard Blier). Celui-ci ajoute une belle dose de Miror, un détergent de nettoyage pour les cuivres, à la bouteille. « Si j’ai le foie en fleur, je ne sais pas en quoi il va être le sien ! » Comme d’habitude, les dialogues d’Audiard font mouche. Premier verre ; Archimède ne sourcille pas en buvant d’un trait le mélange corrosif. Ni au deuxième, ni même au troisième. « Il est tonique, on le sent descendre », trouve-t-il simplement à dire devant Pichon qui n’en croit pas ses yeux. La scène se termine sur Archimède, qui se presse de servir un verre de cette « réserve du Père Grégoire » à Séraphin, l’assureur joué par Léonce Corne, qui, lui, s’écroule d’un seul coup sur le sol après avoir trempé ses lèvres.

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