Un sondage récent effectué pour Notre Temps, La Croix et La Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, met en lumière les craintes des Français autour de cette maladie neuro-dégénérative, encore trop mal connue. Il révèle qu’Alzheimer est la 2e maladie qui fait le plus peur aux Français, juste après le cancer et au même titre que l’AVC. Les deux tiers du panel, surtout les plus jeunes, redoutent d’avoir cette maladie un jour. Et une personne sur deux affirme connaître une personne proche ou un membre de la famille qui en est atteint. Face à ces chiffres inquiétants, aucun traitement efficace n’a été trouvé à ce jour pour guérir la maladie, malgré les nombreux efforts des acteurs qui tentent d’offrir une meilleure qualité de vie aux personnes atteintes. Pendant qu’un malade du cancer sur deux parvient à guérir, la Fondation milite pour rattraper le retard évident des découvertes scientifiques liées à la pathologie.

Comprendre la maladie d’Alzheimer

Connue comme étant « la maladie de la mémoire », la maladie d’Alzheimer se caractérise par la perte graduelle des fonctions cognitives d’un individu due entre autres à un développement anormal de la protéine bêta-amyloïde dans les neurones du cerveau et une altération des protéines Tau. Ces deux types de lésions cérébrales, plaques amyloïdes et  « dégénérescence neurofibrillaire » entrainent progressivement le dysfonctionnement des synapses puis la mort des neurones. Pour le moment, les traitements préconisés servent à atténuer les symptômes pour essayer de ralentir le déclin qui conduit à une perte d’autonomie. En effet, les recherches menées sur la maladie d’Alzheimer sont « sous-dotées », par rapport aux budgets affectés à d’autres maladies, limitant ainsi les champs d’action des chercheurs. « Les fonds mobilisés pour la recherche sur cette maladie sont insuffisants et reposent beaucoup sur les dons des particuliers » explique Claire Clairefond, responsable marketing et communication de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer. Une lacune que la Fondation souhaite combler pour accélérer les avancées médicales sur la maladie. 

Fondation pour la Recherche sur Alzheimer : la vidéo

La vision et les missions de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer

La Fondation pour la Recherche sur Alzheimer a été fondée en 2004 par deux médecins français : le docteur Olivier de Ladoucette et le professeur Bruno Dubois, chercheur de renommée internationale, avec pour principale mission le financement de la recherche sur Alzheimer. Elle concentre ses actions sur 4 axes complémentaires tout en assurant un rôle de vecteur d’informations sur le sujet auprès du grand public. Ainsi, la Fondation soutient le principal pôle d’excellence de la recherche clinique sur la maladie d’Alzheimer en France, qu’est la Pitié-Salpêtrière. Elle finance notamment l’Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer (IM2A) : un centre expert dédié au diagnostic, aux soins et à la recherche clinique sur les maladies neuro-dégénératives, dirigé par le Pr Bruno Dubois. « Ce centre reçoit environ 5000 consultations mémoires par an, des patients jeunes et moins jeunes, qu’on encourage à participer aux protocoles de recherche clinique ».

En outre, la Fondation finance diverses études cliniques en cours visant à mieux comprendre les mécanismes de la maladie d’Alzheimer auprès de différentes populations. Il s’agit notamment de l’étude multicentrique MULTI-MA & COMAJ, réalisée dans plusieurs villes. La sélection des personnes se base sur des critères propres à la maladie et est assurée par un comité scientifique composé de spécialistes. MULTIMA vise à étudier une cohorte de patients âgés pouvant ou non, développer la maladie d’Alzheimer et COMAJ étudie en parallèle les personnes jeunes (<60 ans) atteintes d’une maladie d’Alzheimer précoce. La Fondation a également financé la création d’une banque d’échantillons de tissus biologiques et l’acquisition d’un appareil d’imagerie, le premier TEP-IRM en France spécialisé en neurosciences pour la Pitié-Salpêtrière en 2015.

Ses actions visent aussi à renforcer les synergies européennes, grâce à la création du Grand Prix Européen de la Recherche : une récompense d’un montant de 100 000 € décerné à un chercheur particulièrement novateur dans ses travaux. En 2017, le Pr Bart de STROOPER qui dirige le Centre de Recherche sur les Démences à l’UCL s’est vu attribué ce prix, grâce à son apport scientifique sur la mise en évidence des acteurs majeurs de la pathologie de l’Alzheimer. De la même manière, le Prix Européen Jeune Chercheur-Scor, de 10 000€ a été remis à Erik Portelius.

Enfin, désireuse d’encourager les jeunes chercheurs vers la recherche sur Alzheimer, la Fondation finance des contrats doctorants et post-doctorants avec pour objectif de stimuler les talents de la recherche de demain.

Soutenir la recherche clinique pour traiter intelligemment et efficacement les patients

Le financement des recherches cliniques, qui se déploie au niveau du diagnostic, de la prévention et du traitement de la maladie, est la raison d’être de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer. Le diagnostic d’abord car « une détection précoce permet de mieux stimuler les patients. Pour le moment on ne peut pas guérir d’Alzheimer, on peut au moins essayer d’en retarder le développement » nous confie Jean-Luc Angélis, directeur de la fondation. La fondation appuie de ce fait les nombreux travaux menés par Harald Hampel, professeur et expert reconnu mondialement, pour parvenir à une médecine de précision en développant la piste des biomarqueurs. Cette solution va permettre notamment de mettre au point la détection de la maladie d’Alzheimer grâce à un simple prélèvement sanguin. La valeur ajoutée de ses recherches réside dans la possibilité de réaliser un diagnostic précoce et ainsi d’anticiper les effets de la maladie avant que n’apparaissent les premiers symptômes.

La médecine de précision apporte également son lot d’innovations dans le traitement de la maladie. A la Fondation on sait qu’« il est encore difficile de définir une cartographie de l’évolution de la maladie d’Alzheimer, on ne peut pas savoir les traitements qui fonctionnent au bon moment du parcours évolutif ». Pour pallier cette problématique, le Pr Harald Hampel s’est approprié de nouveaux outils technologiques autour du concept de Big Data, afin d’analyser les bases de données des divers prélèvements, qui vont être compilés et traités en utilisant des algorithmes. Les résultats vont servir à tracer une cartographie, ou au moins à se projeter dans le stade évolutif de la maladie, selon le type d’Alzheimer diagnostiqué. À ce jour, ces contributions scientifiques permettent de mieux comprendre le développement de l’Alzheimer sur chaque type de population et de tester de nouveaux traitements auprès d’une population mieux ciblée. « Le but sera, demain, de pouvoir tester des molécules adaptées sur des groupes de patients ciblés » affirme le Pr Harald Hampel. Il s’agit donc d’une approche stratégique, afin d’améliorer considérablement la prise en charge des malades, que ce soit au niveau du traitement médicamenteux comme à celui des soins thérapeutiques. « On espère que d’ici 10 ans, nous allons faire une révolution, lentement mais surement, grâce à la médecine de précision, dont le projet le plus ambitieux en France est soutenu par notre fondation » fait savoir l’équipe.

En attendant ces promesses d’avenir, la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer s’attache à informer le public sur la maladie et ses enjeux, mais aussi sur les avancées de la recherche. Le site officiel (alzheimer-recherche.org) ainsi que les lettres d’information diffusées régulièrement s’inscrivent dans le cadre de cette mission de sensibilisation, en se concentrant sur les questions autour de la maladie, les découvertes scientifiques, les nouveaux traitements et les entretiens avec des équipes de chercheurs.

La Fondation part également à la rencontre du grand public, en organisant des Entretiens Alzheimer, sous forme de conférences gratuites et ouvertes à tous. « Nous invitons des professeurs et des spécialistes pour présenter l’état actuel de la recherche, en France mais aussi dans le monde : les nouvelles pistes, le progrès des tests de traitements, les chiffres, les avancées prometteuses, etc. ». Des partages d’expériences et des témoignages de personnes concernées directement par l’Alzheimer, une séance de FAQ et des stands dédiés enrichissent le programme. Paris et Bordeaux accueillent cet évènement chaque année, ce sera également le cas de Nantes en 2018.

Enfin, un gala caritatif au profit de la recherche sur Alzheimer est organisé annuellement. Le concert, baptisé « 2 générations chantent pour la 3e », est conçu par Pierre Souchon avec le soutien de son père Alain, et fédère de grands noms de la chanson française ainsi que de nombreux invités prestigieux. Cette année, la salle Pleyel a accueilli le XIIIème Gala qui a connu un retentissant succès. Pour la fondation, cet évènement annuel est l’occasion de sensibiliser en chanson autour de la maladie d’Alzheimer et surtout de lever des fonds pour la recherche, afin que demain elle triomphe de la maladie.

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