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Agence Thaki Voyage : entretien, podcast avec Anne Bialek, spécialiste de la destination Bolivie, Amérique du Sud


Salut Anne !
Anne Bialek | Bonjour.
Anne, vous êtes française. Mais un jour, vous vous êtes retrouvée en Bolivie et vous y êtes restée. Moi forcément, je suis curieuse de savoir comment cela s’est passé ?
A B | La chance, nous l’avons prise à deux. Jérôme, mon associé et moi, nous avons créé l’agence en 2011. On est arrivé indépendamment chacun de notre côté en Bolivie, par des voies différentes. Jérôme lui, était étudiant. Il finissait ses études et était venu en mode backpacker. Il visitait l’Amérique du Sud et puis, il est tombé amoureux d’une bolivienne. Ensuite, il s’est marié.
Moi, j’avais 37 ans et je faisais un bilan de compétences. Il s’avérait que j’en avais vraiment « marre » d’être ingénieure en France, ingénieure chimiste dans l’industrie automobile. Je rêvais plus de travailler dans le milieu de la montagne et du trail, pour lequel j’étais passionnée.
Je suis venue en Bolivie passer 3 semaines de vacances et j’ai eu un coup de cœur. Je suis revenue l’année suivante, toute seule 3 mois pour barouder et pour voir si cela me plaisait vraiment. Après, j’ai vraiment tout plaqué (quitté), travail, mari, etc. Je suis venue m’installer toute seule en Bolivie et j’ai fait mon petit bonhomme de chemin. J’ai fini par travailler dans une agence de voyage francophone. Jérôme a aussi travaillé pour cette agence francophone. C’est là qu’on s’est rencontré. On a décidé, comme on est venu pour le pays, moi de mon côté et lui, du sien, de monter une agence à taille humaine, à notre image, avec nos valeurs à nous. Donc voilà, on a créé Thaki. On a quitté l’agence où l’on travaillait et on a créé Thaki en 2011, tous les deux.
Justement, Jérôme vient de nous rejoindre. Bonjour Jérôme !
Jérôme Benassi | Bonjour, enchanté.
De même. Alors, moi j’aimerais bien que vous m’expliquer tous les deux ce qui vous a le plus séduit dans la culture bolivienne ?
A B | Quand je suis venue faire mon trek, et mon premier « 6000 » en Bolivie, j’ai adoré la mentalité des boliviens. Je parle de mentalité dans le sens où ils profitent de la vie, savent bien vivre et rigolent. Ici, c’était complètement différent. On avait cette joie de vivre, ce partage. Bon après, il y a des différences culturelles. On a plus de mal en vivant ici parce que chacun de nous avons notre culture et nos habitudes. Mais, moi, j’adore cette joie de vivre ici, c’était plus ça. Et les montagnes évidemment, parce que je suis montagnarde.
J B | Moi, ce qui m’a vraiment attiré, c’était les paysages. En plus, j’ai commencé par les « Highlights » de la Bolivie. C’est la partie Sud de la Bolivie, avec les lagunes de couleurs, les flamants roses et le salar d’Uyuni. Là, j’ai pris une grosse claque. On peut appeler ça un coup de foudre tout simplement. Puis, je cherchais aussi une forme d’échappatoire, partir un petit peu de France et trouver quelque chose ailleurs. Je pense que là, je suis comme un poisson dans l’eau. Aussi, on vit avec les boliviens. Les paysages sont des merveilles à chaque fois que je les vois.
Pour continuer à discuter un peu avec vous Jérôme, vous êtes arrivés en Bolivie et vous avez été émerveillé par les paysages. Vous adorez voyager. Est-ce qu’avec le travail que vous avez à l’agence, vous avez le temps de continuer à découvrir des sentiers inconnus ?
J B | Thaki se focalise exclusivement sur la Bolivie. Avant le Covid, on effectuait énormément de voyage de reconnaissance, qui vont reprendre très prochainement, puisque là on est en pleine réactivation. Je crois que c’est vraiment l’essence de Thaki, c’est-à-dire trouver de nouveaux chemins, gravir de nouvelles montagnes et créer de nouvelles alliances avec des communautés. Je crois que c’est cela qui fait notre force et d’ailleurs, c’est notre passion. On a hâte de repartir sur le terrain le plus vite possible.
Et vous Anne, est-ce que vous trouvez le temps encore de continuer à gravir des montagnes ?
A B | Et oui, moi, je m’occupe plus des reconnaissances en montagne et des ascensions. Pour la petite histoire, je suis la première femme et la seule pour l’instant à avoir gravi tous les 6000 de la Bolivie. Aussi, on a ouvert avec mon mari, qui est guide de montagne bolivienne, des voies où je suis la seule femme à avoir gravi. On propose des treks, qui ont été reconnus dans le monde de la montagne. Il y a toujours des choses à faire ! Mêmes si j’ai gravi tous les 6000, il y a toujours des voies différentes à gravir. Donc, on va retourner oui, vers de nouveaux chemins de treks. Le terrain, c’est notre raison de vivre.
Je crois que Jérôme doit déjà nous quitter. Merci beaucoup Jérôme pour votre participation.
J B | Merci à vous.
Anne. Quand on cherche à organiser son voyage avec Thaki Voyage, on s’aperçoit qu’il y a une multitude de thématiques. Est-ce que vous pouvez nous éclairer là-dessus ?
A B | En fait, il y a différentes thématiques déjà. Le trek et les ascensions, je m’en occupe personnellement, parce que c’est moi la spécialiste. Il y a le classique c’est-à-dire les incontournables. Après, il y a ceux qui veulent plus les paysages, les hauts plateaux. Là par exemple, il y a quelques années, Jérôme est allé ouvrir un chemin en 4X4 dans une région un peu inconnue, avec des paysages fantastiques, complémentaires du circuit classique. Ensuite, il y a les circuits culturels. Tous les 2 ans il y a le festival de musique baroque.
Cette année, j’ai énormément de circuits familles. On a adapté des petits « touch » pour les enfants, etc. On doit aussi développer des circuits vélos. C’est nouveau ! On est toujours à la recherche de nouveautés. Moi, j’ai toujours aimé le voyage et construire des voyages. Je l’ai toujours fait avant de travailler. Quand j’étais ingénieure, je construisais mes voyages toute seule avec des agences locales. Maintenant, je suis de l’autre côté. La passion du voyage, on l’a tous les deux. D’ailleurs, c’est pour ça je pense qu’on est l’une des rares agences qui va sur le terrain, qui ouvre des chemins, et qui investit dans la reconnaissance terrain.
Oui, qui ouvre des chemins et qui pratique aussi le tourisme éco-responsable. Notamment, avec le tourisme communautaire. Comment ça se passe la collaboration avec les villages ?
A B | Oui, exactement. Le tourisme communautaire est vraiment du tourisme durable et responsable. Dans les communautés, ils ont leur travail, l’agriculture en général ou le travail dans les mines, et le tourisme est le moyen d’avoir un petit plus. Aussi, c’est difficile d’allier les deux. Alors, il faut essayer de voir s’ils sont disposés à le faire, si cela les intéresse. Comment ils peuvent le faire ? En même temps, il faut créer un tourisme durable, en harmonie, en respect avec les cultures, les coutumes des gens et l’environnement. Mon avantage, est que je suis une ingénieure chimiste, avec une spécialisation environnementale. Je suis très sensible à la protection de l’environnement. Grâce au tourisme, on a réussi à ce que certains villages continuent à vivre, et c’est bien. C’est cela que nous, pouvons apporter. L’agence doit apporter certaines choses pour aider au développement du pays.
Quand on veut organiser un voyage avec vous, est-ce qu’il faut s’attendre à être mélangé avec d’autres groupes qu’on ne connaît pas ou est-ce que vous ne faites vraiment que du privé ?
A B | Nous, on ne travaille qu’en privé, c’est-à-dire qu’on ne va pas mettre de dates fixes. On n’est pas comme les tours opérateurs en France. Si j’ai une famille de six qui me contacte, je vais faire un programme à la carte et en privé pour six. J’ai un couple ou des gens seuls. Dès fois, c’est un peu cher, mais j’ai des gens seuls qui me disent : « Je veux faire ce tour seul avec mon guide de montagne et je mets le budget pour cela » J’organise donc le programme en conséquence, et voilà. J’organise avec son guide privé, des guides professionnels. Dès fois, cela fait trop cher car en privé, les prix peuvent vite monter en Amérique du Sud. Les voyages sont chers. Les gens sont souvent surpris par rapport à l’Asie. Mais le coût de la vie ici est beaucoup plus cher, trois fois plus que l’Asie. Dès fois, ils cherchent des amis pour se regrouper. Nous, l’essence de notre agence est du privé à la carte.
Pour terminer Anne, j’aimerais que l’on s’intéresse au projet humanitaire que vous mener en Bolivie. Vous avez par exemple écrit un livre et dédié toute la recette de droit d’auteur à un village. Vous êtes vraiment très proche de l’environnement et vous faites des choses dans ce sens-là. J’aimerais bien que vous nous en parler.
A B | Cette opération qu’on a faite avec les enfants de la cordillère était géniale. C’était un grand projet au niveau géographique. On a regroupé les enfants du nord de la cordillère dans une école, tous ceux du centre dans une école et grâce à des amis, on avait organisé un show avec des clowns qui racontait une histoire comme quoi il ne fallait pas jeter le plastique.
On a fait d’autres opérations. Par exemple, on a trouvé à travers une ONG, des financements pour construire un WC dans l’école d’un village au pied des montagnes. On travaille aussi avec, une ludothèque, qui avait été financée par une ONG. Marie Thérésa qui y travaille, s’investit énormément avec les enfants. Elle n’avait pas de WC non plus. Grâce à un groupe de clients qui est allé la rencontrer, nous avons réussi à trouver les fonds pour construire les toilettes, etc.
J’aimerais bien continuer sur le thème du plastique et des canettes dans les villages des montagnes. J’ai trouvé des entreprises pour recycler et je vais mettre en place une organisation pour récupérer le plastique. Ainsi, on pourra le vendre à cette entreprise qui recycle. On va ainsi trouver les fonds pour le village et développer un peu plus le tourisme. En fait, il faut toujours essayer d'allier le tourisme et la protection de l’environnement. C’est d’ailleurs quelque chose que je suis en train de mettre en place et de penser.
Merci beaucoup Anne. Je vais tout de suite faire mon sac à dos et je vous rejoins directement en Bolivie.
A B | Merci à vous !
C’est la fin de ce podcast. Je rappelle qu’on était avec Anne Bialek et son associé Jérôme, eux qui ont tous les deux fondé l’agence de voyage Thaki Voyage, en Bolivie. J’espère qu’on vous a donné envie de voyager. N’hésitez pas, faites votre sac et on se retrouve très bientôt pour un autre « On en parle ».
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